17 %. C’est l’augmentation du plagiat relevée dans certaines universités européennes depuis 2022, portée par l’essor des outils automatisés. Au fil des évaluations, des enseignants constatent aussi une nette baisse de la capacité d’analyse autonome chez nombre d’étudiants.
Les données institutionnelles alertent : le recours aux aides numériques explose, et l’investissement personnel dans les apprentissages fléchit. Autre constat, certains étudiants restent à la marge, faute d’accès égal aux technologies, ce qui aggrave la fracture entre pairs.
Quels sont les risques majeurs de l’intelligence artificielle pour les étudiants ?
L’intelligence artificielle s’invite partout dans l’éducation, et ce bouleversement n’a rien d’anodin. Les plateformes type ChatGPT offrent des textes calibrés, générés en quelques secondes. Derrière la rapidité, le revers se fait déjà sentir : certains impacts négatifs de l’intelligence artificielle sur les étudiants deviennent difficiles à ignorer.
Les cas de triche et de plagiat prolifèrent dans les établissements. Un rapport de la conférence des présidents d’université note une hausse de 17 % des devoirs réalisés grâce à l’IA rien qu’en 2023. Les enseignants relèvent aussi une érosion de l’esprit critique : la machine fait à la place de l’étudiant, et la réflexion critique des étudiants s’étiole.
Plusieurs dangers se détachent nettement :
- Biais algorithmique : l’IA, nourrie de données parfois partielles, peut renforcer des stéréotypes. Un étudiant peu averti risque alors d’intégrer des raisonnements biaisés dans ses écrits, ce qui nuit à la qualité de l’apprentissage.
- Sécurité des données : la collecte de données personnelles s’effectue à grande échelle, souvent sans transparence. Beaucoup ignorent où partent leurs informations ou qui y a accès.
Faire appel à l’IA pour l’apprentissage ne gomme pas ces effets. Pour beaucoup, l’automatisme prend le dessus, et l’appropriation des connaissances s’efface derrière la rapidité d’exécution.
Perte d’autonomie, biais et désengagement : des conséquences concrètes sur l’apprentissage
L’autonomie des étudiants vacille devant la facilité des solutions offertes par l’intelligence artificielle. Plusieurs enseignants le disent sans détour : la confiance dans la technologie freine le développement des compétences de pensée critique. Résultat, on consulte, on copie, on ajuste à peine. L’effort intellectuel cède la place à une forme de passivité, et le désengagement s’installe en douceur.
Une enquête menée auprès de 1 200 étudiants l’illustre : lors des phases d’étude, le niveau d’engagement cérébral s’effondre. Un chiffre parle de lui-même : 62 % préfèrent interroger une IA plutôt qu’un professeur. Cette tendance réduit les échanges en classe, affaiblit le lien pédagogique, et entraîne une perte de capacité à raisonner en profondeur.
Pour mieux comprendre ces transformations, voici les tendances les plus marquantes :
- Perte d’autonomie : l’étudiant se détourne du travail d’investigation et d’analyse, deux moteurs indispensables pour progresser.
- Biais : reprendre sans recul des contenus générés par l’IA, c’est risquer de perdre l’habitude de questionner et de confronter différents points de vue.
- Résultats scolaires : cette attitude passive se traduit par des travaux écrits ou oraux moins aboutis.
Le collectif recule, le travail en groupe s’étiole. Plusieurs étudiants évoquent un sentiment d’isolement, amplifié par la délégation à la machine de tâches jusqu’alors réalisées ensemble. Pour les enseignants, repérer ces effets négatifs sur la réflexion critique relève désormais du casse-tête.
Vers une utilisation responsable de l’IA à l’école : quelles pistes pour limiter les dérives ?
L’intégration de l’intelligence artificielle à l’école impose de repenser les pratiques et de poser des garde-fous. Certaines écoles font le choix d’encadrer les outils génératifs : ces derniers sont mobilisés sous supervision, lors de temps collectifs ou dans des espaces de travail collaboratif. L’intention ? Réaffirmer l’importance de la réflexion humaine, stimuler la curiosité, éviter de formater les approches.
Les enseignants jouent ici un rôle de pivot. Ils montent des ateliers dédiés, élaborent des outils d’analyse, et sensibilisent les étudiants aux risques et limites propres à l’IA. Le défi ne se limite pas à la technique : il s’agit aussi d’apprendre à évaluer, argumenter, croiser les sources, renforcer l’esprit critique.
Plusieurs leviers se dessinent pour accompagner cette transition :
- Mettre en place des chartes d’utilisation claires pour préserver l’intégrité des apprentissages.
- Former enseignants et étudiants aux dangers des biais algorithmiques et aux enjeux de sécurité des données.
- Encourager la co-construction de projets autour de l’IA, afin de nourrir l’échange et le recul collectif.
L’apprentissage personnalisé séduit par la promesse de parcours sur-mesure. Mais la vigilance s’impose : si la transformation numérique n’est pas accompagnée, c’est l’esprit critique qui risque d’en pâtir. Les établissements réajustent leurs méthodes, inventent de nouvelles règles, s’assurent que l’IA reste au service de la réflexion, jamais en substitution.
Le véritable enjeu, c’est moins la place de l’IA à l’école que la manière de l’apprivoiser pour qu’elle aiguise l’esprit et ne l’endorme pas. Un jour, les étudiants regarderont ces années comme le moment où il a fallu choisir : suivre la voie rapide, ou apprendre à bâtir leur propre chemin.


